À Tohoun, le Centre hospitalier Préfectoral compte ses morts





A Lomé la capitale togolaise, les pratiques mystiques ont de plus en plus cours dans la recherche du gain facile. Certaines femmes de la capitale par exemple utilisent les méthodes de séduction les plus inavouées pour
Le système sanitaire est défaillant au Togo. Les années passent mais aucune volonté politique manifeste n’est affichée pour faire face à la situation. La pandémie à coronavirus a davantage mis à nu le manque criard d’infrastructures et de matériels adéquats de soins. Pourtant, les exemples de bonnes choses sont légion autour du Togo.

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Le Burkina tient son centre de radiothérapie

La radiothérapie est effective au Burkina Faso. En effet, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a procédé vendredi 9 avril 2021, à l’inauguration du Centre de radiothérapie de Bogodogo à Ouagadougou. Avec cette inauguration, c’est la volonté du Chef de l’Etat de doter le pays d’un système sanitaire performant et de contribuer à la réduction des évacuations sanitaires à l’extérieur, qui se concrétise.

Le Centre de radiothérapie de Bogodogo va réduire la morbidité et la mortalité liées au cancer. Il est réalisé par l’Etat burkinabè, avec l’appui de l’Emir du Qatar, à travers le Fonds qatari pour le développement, pour un coût total de huit milliards de francs CFA. L’établissement sanitaire va permettre de traiter, sur place, plusieurs cas de cancers, notamment les cancers du col de l’utérus, de la prostate, du poumon, du rectum, de l’œsophage, et de l’estomac.

D’une capacité de prise en charge de 1 500 patients par an, ce centre de radiothérapie est équipé d’un plateau répondant aux normes internationales. Il est doté d’équipements à la pointe de la technologie qui en font un établissement de soins et de formation de premier choix, et une structure médicale de référence, tant sur le plan national que régional.

En perspectives, pour assurer une déconcentration de l’offre de service de radiothérapie au Burkina Faso, le Gouvernement a bouclé le financement de la construction d’un centre de radiothérapie à Bobo-Dioulasso, dont les travaux seront engagés, dans les mois à venir.

Le pays des hommes intègres rejoint ainsi d’autres pays subsahariens notamment la RD Congo, l’Ouganda, la Côte d’Ivoire.

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Pourtant, la situation est alarmante au Togo

Au Togo, seuls 34% des personnes atteintes du cancer en 2020 y ont survécu. C’est ce que rapporte la Ligue togolaise contre le cancer, qui cite l’Observatoire mondial du cancer (Globocan).

“Le Globocan de 2020 donne une estimation de 5.208 cas diagnostiqués du cancer au Togo. Avec comme décès pour la même période de 3.486. En termes de pourcentage, cela fait 66,59%. Environ 70% des personnes qui souffrent du cancer au Togo en décèdent”, a indiqué Stéphane Doméfa Awuity, président de la Ligue togolaise contre le cancer.

Le traitement est très coûteux, donc “réservé aux gens bien nantis”. Il a fait noter que la lutte contre le cancer au Togo est dans une approche préventive.

En plus de la cherté du traitement, au Togo la prise en charge demeure compliquée à cause de certaines difficultés, que relève Zénab Moumouni, présidente de l’association femme sans cancer.

“Il y a une disponibilité réduite des appareils. Par exemple une femme qui est à Dapaong [ndlr : à 600 km de Lomé] et veut faire une mammographie doit se rendre à Kara. Il y a certaines analyses, par exemple le CA 15-3, qui est lié au cancer de sein, où il faut venir jusqu’à Lomé. Et il y a des femmes qui ont fait la biopsie et on a envoyé mais les résultats sont perdus. Donc il y a cette fiabilité aussi qui manque au niveau des laboratoires. Il y a aussi le problème de scanner, ce n’est pas disponible partout”, cite celle qui a été elle-même atteinte du cancer du sein.

“Une autre difficulté, c’est l’incompétence locale en oncologie. Au Togo, nous n’avons qu’une seule oncologue, médicalement parlant et un seul oncologue chirurgien”, ajoute Mme Moumouni.

Tohoun, le comble

La situation est intenable. Pour cause. La table d’anesthésie est gâtée. Le bloc opératoire est fermé depuis plus de six mois. « SOS Sauvons les femmes Adja. Chers frères et sœurs de la communauté Adja du Togo et à l’extérieur. Nous venons à vous les larmes aux yeux vous faire part des morts fréquents enregistrés lors des accouchements de nos mamans, femmes et sœurs, principalement celles de la préfecture du Moyen Mono ces derniers temps lors des accouchements. Pour quelle raison ? Le bloc opératoire du CHP Tohoun est fermé depuis plusieurs mois. Pourquoi ? L’appareil d’anesthésie ne fonctionne pas. Cela amène à des évacuations au CHP Notsè qui est aussi saturé. Nos mamans, femmes et sœurs, perdent leur vie en donnant la vie, faute d’équipements et d’assistance à temps. Devons-nous attendre la promesse du gouvernement et voir nos mamans, femmes, sœurs et nos enfants mourir ? Non. C’est cette situation qui nous oblige à venir auprès de vous pour solliciter une contribution volontaire pour arranger l’appareil existant en attendant le nouveau promis par les autorités. Le coup de réparation de l’appareil existant est de un million quatre-vingt-dix sept mille francs CFA. Nos contributions sont attendus jusqu’au 10 mai 2021. Des vies auraient pu être sauvées si cet appareil marchait. Mobilisons-nous. Fils ou fille adja, apporte ta contribution pour sauver des vies », c’est le cri de détresse lancé par des bonnes volontés.

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Comment à ce 21ème siècle, on peut négliger autant sa propre population ? Le Président burkinabé est au début de son second mandat. Mais par la volonté politique, il a franchi un pas. Pendant ce temps, Faure Gnassingbé est à son 4ème mandat et le Togo ne dispose d’aucun scanner dans les structures sanitaires publiques. Même coronavirus n’a pas fait bouger les lignes. Le Togo marque le pas, fait de la reculade sa tasse de thé.

Kokou Agbemebio

Source : Le Correcteur

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