Après Togotélécom, Togocel, NSCT, BTCI…, Bientôt la privatisation du Gouvernement ?





«BTCI, UTB… Plutôt qu’une privatisation…Et si on nationalisait plutôt les capitaux?». À peine nous lancions le débat, dans notre parution N°412 de la semaine dernière que la décision est tombée. Le Gouvernement, à travers le communiqué sanctionnant le conseil des ministres du mercredi 11 août 2021, concède la banque togolaise pour le commerce et l’industrie à un investisseur privé.

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En effet, dans sa volonté de nouer des partenariats avec le secteur privé pour accélérer la croissance économique, informé t-il, le gouvernement a engagé un processus de cession d’une partie de ses actions dans le capital social de la banque togolaise pour le commerce et l’industrie. C’est donc dans ce cadre que conformément aux dispositions légales, poursuit le communiqué, une commission d’évaluation des privatisations (Comep) a été mise en place afin de procéder à l’évaluation de ladite société, de donner son avis sur le projet de cession et de proposer le juste prix. Ainsi donc, annonce t-on, la société de droit togolais, IB Holding, retenue sur les 5 soumissionnaires à l’issue de l’appel d’offres ouvert à cet effet, détient désormais une partie du capital de la Btci contre 10% conservés par le gouvernement.

Inquiétude et questionnements

D’entrée, face à cette concession aux conditions clair obscures, nombreux sont les togolais qui se demandent par quelle alchimie le gouvernement parviendra t-il, avec seulement 10% du capital, à veiller à la préservation des intérêts des employés ainsi qu’à la consolidation du système financier, comme annoncé. Si ce n’est pas de la poudre aux yeux, cette annonce paraît plus marrante pour tout esprit éclairé qui sait que cette issue n’est donc que l’expression d’une situation créée de toutes pièces par sadisme et impunité.

En effet, c’est un secret de polichinelle que le processus de privatisation des banques nationales n’est, en réalité, qu’ un cache-sexe tout cousu pour enjoliver un marasme économique qui ne dit pas son nom, tant ces boîtes ont été objet d’une mauvaise gestion et des détournements des proches des barons qui, fort de leurs relations, ont réussi à faire des crédits gré à gré. L’un des cas les plus illustrateurs, voire alarmant est celui de 11 milliards FCFA facilement prêtés par la Btci à un certain Christian Languide, opérateur économique béninois. Une affaire qui aura fait éjecter, par la suite, l’ancien Directeur Étienne Bafaï sanctionné par la suite par la commission bancaire de l’Uemoa.

Un scandale savamment passé sous silence que peint, au travers d’un tweet, l’ancien ministre de l’intérieur, Akila Esso-Boko.

«Privatisation de la Btci : quel fiasco !», s’est, d’entrée, exclamé l’Officier supérieur natif de la région de la Kara qui y va de ses détails.

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«La Btci est en banqueroute du fait d’une gestion calamiteuse. Elle a été transformée en véritable caisse noire. Les parvenus, les coquins et coquines du régime y puisent sous couvert de prêts exorbitants pour la plupart non remboursés», a-t-il tweeté. Et de poursuivre :«Afin que nul n’en ignore, les hommes d’affaires et structures étrangères qui ont servi d’écran et de prête- nom à cette opération de main basse sur la Btci doivent se rendre à l’évidence qu’en temps opportun, la Btci retournera dans le patrimoine national».

Bientôt la privatisation du Gouvernement

C’est dire donc que cette méthode malsaine et anarchique de s’octroyer, sur la base des affinités, des crédits gré à gré, constitue, à ne point douter, l’une des causes lointaines de cette situation de déficit. Les autres causes profondes sont les cas de ces ex fleurons de l’économie nationale comme ces défuntes sociétés d’État Opat (Office des produits agricole du Togo), Otp ( Office togolais du phosphate) dont on a fait faire payer les passifs par la Btci avant de les mettre au dos du trésor public ou finalement c’est le contribuable qui se saigne à tout solder.

En clair, ces pratiques ont conséquemment creusé un gros trou qui s’avère aujourd’hui impossible à fermer. Ceci, au point de trouver, dans leur ingéniosité, la formule alambiquée de privatisation qui se veut un cache sexe. Mieux, une manière inappropriée de déplacer un problème en voulant le solder.

Sinon, pourquoi n’avoir pas essayé, comme le proposent également certains observateurs, en appui au journal Fraternité l’option de nationalisation? Ce sera alors une manière plus raisonnable de trouver une solution togolaise à un problème togolais, au travers d’une cession de la Btci à des investisseurs nationaux, soit des entrepreneurs togolais du profil de Dangote au Nigeria ou encore aux acteurs du patronat pour rentrer dans le capital de la Btci.

Le Togo, on le sait, dispose de ressources humaines, des compétences et ressources pour, si l’on avait la culture d’abord d’encourager et promouvoir l’émergence des hommes d’affaires au Togo, et ensuite la volonté d’ouvrir le jeu en conséquence. Sinon, à l’image de l’ancien ministre Djondo qui a, à lui seul, créé l’Ecobank, l’on aura toujours une belle brochette de togolais qui auraient bien la volonté de sauver les meubles, sinon l’honneur nationale.

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on fera mieux plutôt que d’opter de livrer les banques nationales, des patrimoines nationaux mis volontairement en difficulté aux étrangers qui, eux, ont été soutenu par leur État. Et dans de pareilles circonstances, cela ne constituerait point une surprise si, du jour au lendemain, Faure Gnassingbé et son gouvernement, spécialistes de colmatage, privatisent également l’Exécutif national. Déjà que rodent, depuis quelques années déjà, autour de cet Exécutif national, des «experts au col blancs» qui assistent même aux séances de conseil des ministres, sous la forme déguisée de séminaire gouvernemental. Le rubicond n’est probablement pas loin. Bien marrant pour ce pays qui, après la Ctmb, le secteur de la télécommunication (Togotélécom et Togocel), Sotoco etc…vient définitivement, avec le cas Btci, de brader tout ce qui lui restait de sa fierté déjà dégarnie de son patrimoine national.

Source : Fraternité / fraternitenews.info







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