En France, Ali Bongo a mis le visage de l’Afrique dans la boue





« La moquerie ou la honte n’est rien par rapport à l’humiliation dont certaines personnes s’octroient le droit » (Philippe Chavanis). L’image est des plus choquantes et humiliantes. En marge de la 41ème session de la Conférence générale de l’UNESCO, le président gabonais Ali Bongo Ondimba a été reçu le 12 novembre 2021 à l’Élysée par son homologue français. Aidé de sa canne et Emmanuel Macron qui l’épaule, Ali Bongo gravit péniblement les marches du perron de l’Elysée. Après les poignées de main, le président gabonais perd l’équilibre et s’accroche à son hôte qui le soutient pour lui éviter la chute.

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Six mois plus tôt, le monde avait assisté, médusé, à une scène similaire surréaliste d’Ali Bongo à Londres, avec une démarche douloureusement souffreteuse et qui avait eu toutes les peines du monde à franchir le pas de la porte du célèbre 10 Downing Street pour rencontrer le Premier ministre britannique Boris Johnson. Un assistant était à ses petits soins et veillait, le bras placé derrière le dos du président pour l’aider à passer les marches de la résidence du Premier ministre.

Ali Bongo a eu tout dans sa vie: dès l’enfance, il avait un accès protocolairement aisé aux ors de la République, il a eu le pouvoir en succédant à son père au trône, il est fortuné…Pourquoi se donner encore tout ce mal, se ridiculiser et s’humilier à la face du monde et jeter constamment le visage du Gabon et partant de toute l’Afrique par terre ? Comment peut-on expliquer cette attitude avilissante d’un Ali Bongo fort malade et qui s’accroche de toutes ses forces au pouvoir ? Alors qu’il aurait pu, pour un tel cas de force majeure, prendre un repos bien mérité, suivre une thérapie et couler des jours heureux loin du train-train quotidien des charges présidentielles jusqu’à la fin de ses jours.

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Pendant que des patriarches séniles de près de 90 ans à l’instar de Paul Biya rechignent à prendre leur retraite politique après près de quatre décennies de règne sans partage, d’autres  malades tenant à peine debout comme Ali Bongo ne comptent pas non plus lâcher une once de pouvoir.

L’Afrique est véritablement malade de ses dirigeants, au sens propre et premier du terme. Donnant ainsi raison à Donatien de Dieu Mayambo qui disait que « l’homme africain est hostile au changement politique et à l’alternance du pouvoir démocratique ».

Veut-on nous faire croire que Ali Bongo est irremplaçable ou providentiel qu’il n’y aurait point personne parmi les deux millions de Gabonais pour lui succéder ? C’est une lapalissade de reconnaître que l’homme n’a pas toutes les capacités physiques, intellectuelles et mentales pour continuer à diriger le pays. Ce qui sera encore plus malheureux, c’est de voir Bongo fils qui traine lourdement les séquelles de l’AVC dont il a été victime il y a trois ans, se représenter pour la prochaine élection présidentielle en 2023.

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Il faut le dire, Ali Bongo est otage de ceux qui gravitent autour du pouvoir central au Gabon et qui, à cause de leurs intérêts et privilèges, maintiennent cet homme malade au sommet de l’Etat. On assiste, impuissant, à l’affaissement de l’autorité au Gabon. L’image de ce pays et du continent est si abîmée que tout Africain digne doit éprouver un sentiment de honte lorqu’il doit afficher et assumer son identité. Ceux qui ont décidé d’avilir, d’humilier autant Ali Bongo malade et faible devront un jour répondre devant le tribunal de l’histoire.

Avec Liberté







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