Être fière de son pays : Une denrée rare au Togo





Francis Pedro de l’Alliance Nationale pour le Changement revient, dans une tribune libre qu’il a publiée, sur la situation politiques du pays et la misère dans la quelle végète les Togolais. il ne passe pas sous silence les inondations observées de part et d’autres de Lomé après les pluies de ces derniers jours.

Il y a longtemps que les Togolais n’ont plus goûté à la joie d’appartenir à leur pays.

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A vrai dire, les Togolais ne se sont vraiment sentis fiers du Togo, notre patrie que le jour de la proclamation de l’indépendance, le 27 avril 1960. Le reste n’est qu’une suite de privations et de souffrances, une kyrielle de faits diaboliques et d’abominables crimes qui ont fini par façonner un Togolais méconnaissable.

Qu’on me le permette de citer Jean de La FONTAINE: ” …il n’y a plus d’amour, partant plus de joie…” au Togo.

Et le constat est que la situation s’empire de plus en plus dans l’indifférence la plus absolue des dirigeants de notre pays. Malheureux, je suis, quand vivant une telle dénégation de l’homme, je constate, le cœur en émoi, que nous autres Togolais semblons nous y plaire dans cette galère qu’on nous impose.

J’ai donc peine à trouver le sommeil quand j’ai parcouru les artères de Lomé la capitale et ses environs ce dimanche 4 juillet 2021. Rien que de l’eau partout dans tous les quartiers d’Agoè-Nyivé jusqu’à la mer, des ménages complètement sous l’eau.

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Que de souffrances, je n’ai vu à Kégué jusqu’à Djagblé; dans les environs du camp FIR, de Legbassito-Vakpossito, d’agoè-zongo, de Bè, Adakpamé, Anfamé, Ahligo, Ablogamé, Kotokoukondji, même à Souza-nétimè sans parler de Nyékonakpoè et de Kodjoviakopé, d’Attiégou, même derrière l’aéroport. Zanguéra n’est pas mieux.

C’est donc peine à voire de nombreux concitoyens qui dans l’eau ne sachant ni où préparer leur pitance, ni où dormir.

Devant ce tableau apocalyptique, rien de la part du gouvernement dont la cheffe à Paris, fait la gorge chaude. On a la nette impression que la gouvernance chez nous, n’est plus ni moins que la pratique des méthodes de l’apartheid : les dirigeants dans des Cité cossus, construites pour eux et le reste de la population, parquée dans des townships comme j’ai pu en voire en Afrique du Sud.

Autant la minorité blanche dans ce pays a pesé lourdement sur la majorité noire plus de 70 ans durant, autant, les Togolais ploient sous le régime des Gnassingbé depuis bientôt 60 ans

Au plan politique au Togo ici, c’est le dénie de justice, la violation massive des droits de l’homme, les libertés politiques et publiques confisquées, des élections qui n’ont jamais été, une personne un vote, le pouvoir qui se dit le plus fort, triche en embrigadant les institutions en charge des élections en plus des lois scélérates qui agglutinent tout entre les mains de la minorité pilleuse au pouvoir et ce n’est pas moi qui le dit, c’est le chef de l’État lui-même qui dans son adresse à la nation en 2006 qui l’a dit, je cite: “il y a une minorité qui pille les richesses de notre pays” fin de citation.

Au plan socio-économique, c’est la catastrophe. Les détournements de deniers publics, les évasions fiscales, la prévarication, la corruption, la concussion et le clientélisme ont sabordé le développement de notre pays, le reléguant dans la sphère des pays très pauvres alors que ses dirigeants sont Crésus et malgré les nombreuses richesses dont regorge notre chère patrie.

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Bien sûr que le Togolais ne peut pas être fier de son pays quand, point d’Universités et d’hôpitaux dignes de ce nom, quand ce qui existent comme routes n’est qu’une arnaque qui permet à des individus peu scrupuleux de s’en mettre plein les poches, au moment où sortent de terre comme des champignons, dans les pays d’à côté, des échangeurs à quatre niveaux quand, la dette extérieure et intérieure avoisine les 80% du PIB, quand, les populations manquent cruellement d’eau potable alors que le pays est traversé par plusieurs fleuves et rivières et que la nappe phréatique est abondante, quand, manger est une affaire de riche, le gouvernement procédant perpétuellement à l’augmentation du prix des carburants, des tarifs de péage en dehors de la TVA imposable à multiple sur le même produit, quand, il est impossible pour le fonctionnaire avec un SMIG de 35000 F CFA, sans revalorisation de la grille indiciaire, ne peut pas s’offrir la pâte de maïs et la sauce de gombo, le bol de maïs coûtant 1700 F et le poisson au delà 1500 F.

Quand, nos enfants sont obligés de suivre les cours sous des bâtiments de fortune, avec du bois coupé et posé sur deux autres bois fourchus comme banc d’école. Il me révulse et me peine profondément de continuer cette litanie de malheurs qui s’abat sur nous.

Comment pourra-t-on donc, être fier de vivre dans un tel pays où l’injustice est de droit et la justice une exception ?

Le drame est que rien n’augure un changement de situation chez nous. Tout est opaque et c’est dans cette eau glauque que prospèrent ceux qui se sont imposés à nous au sommet de l’État.

A mon sens, gouverner veut dire apporter à son peuple, le bien être, la joie, la liberté. Mais chez nous, gouverner signifie, je vous écrase, je vous déplume et si vous élevez la voix, je vous embastille, mieux, je vous tue.

Mais le jour vient les Togolais reprendront goût de leur cher pays. Il y a donc une fin à tout.

Ainsi soit-il.

Francis Pédro Amuzun







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