Flambée des prix des denrées alimentaires : L’affairisme indécent des proches de Faure Gnassingbe





À la fin du mois de mai de cette année, les Togolais apprenaient l’ouverture de la campagne de vente des produits céréaliers sur l’ensemble du territoire national par l’Agence nationale de sécurité alimentaire (ANSAT). Mettre des stocks de l’ANSAT sur le marché devrait permettre de contrer la spéculation et ainsi permettre aux consommateurs de disposer des céréales à un prix raisonnable.

Lire aussi:Flambée du prix du maïs au Togo : les derniers coups foireux du Colonel Agadazi

C’est donc une bonne nouvelle, puisque cette démarche devrait faire baisser les prix qui ont connu une forte hausse ces dernières semaines sur les marchés. Rien qu’à voir la flambée des prix des denrées depuis avril, où un bol de maïs a atteint le seuil des 1000 FCFA, cependant que le prix du bol de haricot varie aujourd’hui entre 1200 et 2000 FCFA selon la variété et la qualité, et que le prix du sorgho a littéralement doublé, on s’est demandé à quand la sortie du tunnel alimentaire.

En prenant part entre avril et mai au panel de la conférence internationale sur le système ouest-africain de stockage de sécurité alimentaire organisé par la CEDEAO, le Colonel Ouro-Koura Agadazi ancien ministre de l’agriculture et directeur de l’Agence nationale de sécurité alimentaire du Togo (ANSAT), a planché sur l’intervention du stockage national dans la stabilisation des prix des produits agricoles. « Ce mécanisme permet de faire les statistiques en matière de données de production agricole pour voir quelles sont les quantités qui sont nécessaire pour entretenir toute vie à l’intérieure du pays et les excédents que le Togo a pu dégager et qui feront l’objet d’exportations afin d’améliorer le niveau de vie des paysans et les activités du secteur privé », affirmait-il, ajoutant : « Nous avons réussi sur une dizaine d’années à stabiliser les prix de façon concertée avec les autres acteurs dont les commerçants, les femmes commerçantes de céréales sur toute l’étendue du territoire, l’association des consommateurs et surtout la filière avicole qui exerce une forte pression sur les marchés. Nous avons réussi à améliorer la vie des paysans sur la base des prix qu’on leur propose ».

Produits trop chers et inadaptés aux besoins des populations

La pandémie a comme désavoué cette assertion aux airs de triomphe du patron de l’ANSAT. Pire encore, les stocks de sa structure mis sur le marché sont trop chers, inadaptés aux besoins des Togolais.

Lire aussi:Crise du maïs au Togo: quand le Col Ouro-Koura Agadazi met l’ANSAT sous tutelle

Comment comprendre le fait que l’ANSAT ne soit pas capable de vendre ses produits en détail, au bol, mais seulement en gros ? Quels sont les Togolais qui disposent d’assez de moyens pour s’offrir des sacs de 50kg de maïs à 9.500F.CFA ? Les prix des autres produits en gros ne sont guère une sinécure pour les pauvres consommateurs togolais, pour qui cette décision de ne vendre qu’en kilo sonne comme une stigmatisation des classes populaires. Allez savoir pourquoi les responsables de l’ANSAT se permettent de vendre tout en kilo (50 kg de sorgho à 10.500F ; 50 kg de mil à 11.000F ; 30 kg de riz KR à 9.500F ; 25kg de riz local long grain à 13.000F ; 25 kg de riz local brisure à 10.000F ; 25kg de riz local couscous à 7.500F et 1kg de farine de maïs à 325F). Est-ce ainsi que l’on garantit la sécurité alimentaire des populations ? L’ANSAT a bien mis ses stocks sur le marché, mais c’est pour le malheur des Togolais, puisque ceux-ci ne peuvent se les acheter faute de moyens.

Faure Gnassingbé indifférent face à la situation

Face à cette décision impopulaire de l’ANSAT qui n’amortit en rien le choc de la flambée des prix qui frappe de plein fouet de pauvres populations, Faure Gnassingbé est est resté de marbre. Aussi curieux que cela puisse paraître, Faure Gnassingbé n’a pas levé le petit doigt pour calmer les ardeurs capitalistes de cette pieuvre d’ANSAT. Le président togolais a mieux à faire, et pour démontrer qu’il n’a rien à cirer de la vie de ses concitoyens englués dans la misère, il s’occupe d’affaires qui n’ont rien à voir avec le mandat social dont il s’est lui-même fait l’apôtre.

Quand rien ne va dans les familles, Faure prend ses aises sur le champ de tir d’Akaba (Akébou), en savourant rondement la campagne de tir aux armes lourdes affectuée récemment dans cette localité.

Lire aussi:Alerte: flambée des prix des céréales au sud du Togo

Quand les Togolais crient à la précarité devenue leur sport national, Faure met en place la loi de programmation militaire dont on dit qu’elle va optimiser les capacités opérationnelles des unités impliquées et de s’assurer de la maîtrise du matériel par les servants.

Tenez ! Le fils de Gnassingbé Eyadema veut faire de l’armée togolaise une référence dans la sous-région, alors même que des gens peinent à se nourrir ne serait-ce qu’une fois par jour. Peut-on trouver dirigeant plus machiavélique ? Débourser des dizaines de milliards de francs CFA en achats d’équipements militaires alors qu’il y a plus urgent, est le signe que Faure Gnassingbé est à des années lumières des réelles aspirations du peuple dont il s’arroge la paternité. Triste.

Sodoli Koudoagbo

Source : Le Correcteur / lecorrecteur.info

P.S. : Le gouvernement vient de hausser aussi le prix des produits pétroliers le 11 juin 2021







Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire