FTAI : comprendre l’illusion chiffrée à 265 milliards FCFA





Sitôt lancé, sitôt bouclé. Mais combien de PME/PMI auront la chance d’être éligibles ? De par les conditions draconiennes imposées, on attend de voir le nombre de choisis. Le 21 juillet 2021, Aliou Dia du PNUD twittait ainsi : « J’encourage les jeunes Togolais porteurs de projets innovants, les PME, Start Up à soumissionner massivement à l’appel à candidature de la Facilité togolaise pour l’accélération et l’innovation ». L’appel a couvert la période du 19 juillet au 8 août 2021.

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« Le 19 juillet 2021, la Facilité togolaise pour l’accélération et l’innovation (FTAI) a été lancé conjointement par le Fonds d’appui aux initiatives économiques des jeunes (FAIEJ) et le Programme des nations unies pour le développement (PNUD). Ce fonds, financé par le PNUD et qui sera doté d’un montant de 265 milliards FCFA (404 M EUR) par an, vise à faciliter le financement de l’innovation, à travers un soutien financier aux entreprises innovantes dans le but de contribuer à la création d’entreprises et d’emplois pour les jeunes ».

Déjà le 6 août, nous émettions des réserves quant à la paresse du Togo à consommer les subventions souvent mises à sa disposition. « Le Togo a une triste réputation de ne pas consommer les subventions mises à sa disposition. Les entreprises devront rembourser assurément les fonds à elles allouées. Est-ce le FAIEJ qui se chargera de suivre les remboursements après que les business plan seront adoptés et les financements décaissés ? », nous demandions-nous. Mais les conditions d’accès à ce financement montrent que beaucoup seront tentés, seulement très peu ou trop peu seront choisis.

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Parmi les conditions imposées, on peut noter :

-Être un Togolais âgé de 18 à 40 ans révolus au jour du dépôt du dossier de candidature ;

-Avoir une entreprise dans un des secteurs d’activités suivants : transformation, services, TIC, agriculture et élevage, et enregistré au Togo ;

-Avoir au moins trois années d’exercice au Togo ;

-Prouver un chiffre d’affaires annuel compris entre 30 millions et 1 milliard FCFA ;

-Avoir déjà un produit ou service sur le marché qui constitue une substitution à l’importation ;

-Présenter un projet bancable via un plan d’affaires ;

-Proposer une innovation soit dans : la fabrication de ses produits, bien ou services ; les modes de production (procédés) ; l’ouverture à de nouveaux marchés (débouchés) ; le renouvellement des matières premières (sources d’approvisionnement) ; l’organisation du travail ; etc.

L’essentiel n’y est pas

Si le PNUD et le FAIEJ en sont arrivés à ce projet, c’est suite à des constats : création d’entreprises et d’emplois pour les jeunes. Mais dans les conditions, il est exigé au moins trois années d’exercice au Togo, ce qui veut dire que les entreprises sont déjà créées. La preuve, on parle de chiffres d’affaires annuel compris entre 30 millions et 1 milliard FCFA.

Ensuite, il n’apparaît nulle part le nombre d’emplois que l’entreprise compte créer avec cette subvention. Or, il est écrit que « Ce fonds, financé par le PNUD et qui sera doté d’un montant de 265 milliards FCFA (404 M EUR) par an, vise à faciliter le financement de l’innovation, à travers un soutien financier aux entreprises innovantes dans le but de contribuer à la création d’entreprises et d’emplois pour les jeunes ».

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Le FNFI, un bien triste souvenir

Le PNUD était toujours là en 2014 lorsque le Fonds national pour la finance inclusive (FNFI) avait été lancé, plus précisément en avril. A ce jour, bien malin qui pourra oser un chiffre exact du montant total investi dans ce machin. Et pourtant, pendant de longues années, le budget du Togo a été mis à contribution pour financer ce projet. Mais ni l’actuel Premier ministre, ni l’actuel Secrétaire avec rang de ministre, dame Assih Massamessoh ne sont en mesure de dire aux populations les sommes exactes en termes de capital investi, d’intérêts, d’épargnes, de revolving ou que sait-on encore. La gestion de ce projet s’est apparentée à une caverne d’Ali Baba dont personne ne connaît le fond des fonds.

Et c’est au bout de cette corde labyrinthique que le PNUD engage d’autres subventions –à rembourser assurément par l’Etat togolais- sans garantie aucune du nombre d’emplois à créer.

En matière de marchés publics, les noms des entreprises attributaires n’ont jamais constitué un secret. On veut croire que ceux des PME qui seront retenues, seront portées à la connaissance du grand public. Transparence oblige !

Godson K.

Source : Liberté / libertetogo.info







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