Gestion défaillante, conflits d’intérêts, grève : les affres de la privatisation de TOGOCOM





La colère gronde à TOGOCOM. Les Travailleurs du Numérique de Togo Cell crient leur ras-le-bol suite à la gestion amateure et factice de la société de télécom passée aux mains des Malgaches depuis près de deux ans. Le confrère Luc Abaki fait l’autopsie de la mauvaise situation.

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A compter du 09 décembre prochain, si rien de nouveau n’est fait, tous les agents du groupe Togocom entreront en grève de façon illimitée, les jeudis et vendredis.

Selon un préavis laissé sur la table du directeur général du groupe, les dysfonctionnements et manquements qui motivent un tel mouvement de débrayage sont énormes.

En tout, l’entreprise est gérée comme une épicerie, dans une opacité totale, marquée à la fois par des conflits d’intérêts qui grippent son administration efficiente, de l’injustice qui entraîne des frustrations, des ruptures de contrats qui engendrent des surcharges d’activités, le non-renouvellement des pièces de machines qui enpêche leur maintenance, la vente du parc auto puis un recours à la location systématique des véhicules avec pour conséquences, l’évaporation grave des ressources de l’entreprise…

La liste est longue et le mal actuel du groupe Togocom est si profond que cela se ressent directement dans les services que cette entreprise, autrefois fleuron de l’économie togolaise, est supposée rendre aux citoyens togolais.

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Il est certainement opportun de le rappeler, le secteur des télécommunications est plus que stratégique dans la vie d’un État qui se veut moderne et dont la vision en ce qui concerne son développement est clairement dégagée.

Ainsi, la privatisation de Togocom, comprenant Togo cellulaire et Togo télécom apparaissait comme une vraie vente de l’âme économique de notre pays. Qu’à cela ne tienne, l’on s’attendait à ce que ce risque inouï ainsi pris par nos autorités de laisser un tel secteur entre les mains des pseudos malgaches, procure des rendements meilleurs et stimulants aussi bien aux citoyens qu’à l’économie elle-même.

La grogne actuelle au sein de l’entreprise ainsi que les multiples dénonciations relatives à la médiocrité des services de ce groupe montrent clairement que l’option de la privatiser était non seulement risquée, mais naturellement inopportune.

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Alors que faire? Seuls ceux qui avaient décidé du sort de cette entreprise d’État en 2019 sauront nous donner la bonne réponse.

Mais tout compte fait, le recul dans les prestations de Togocom, l’angoisse qui étreint ses agents ainsi que l’agacement actuel des clients, montrent qu’il y’a urgence à agir pour éviter l’effondrement programmé de ce Groupe.

Luc Abaki







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