Secret de Palais: voici comment Dramani a été chassé de l’Assemblée Nationale





Ils sont nombreux les barons et membres influents du régime cinquantenaire à s’enrichir illicitement à travers les différents postes occupés. Ils font partie de la minorité qui s’accapare les richesses nationales et dénoncée par le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé lui-même.

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Bien évidemment, Dama Dramani, ancien protocole de Eyadéma Gnassingbé, ancien ministre, ancien Président de l’Assemblée Nationale qui doit tout au « système » selon ses propres termes, fait aussi partie de la « Dream Team ». De ses multiples fonctions depuis plus de trois décennies, celle de l’Assemblée Nationale entre 2013 et 2018 a révélé la voracité qui caractérise ce groupuscule au sommet de l’Etat.

Comment Dramani a été sorti la queue entre les jambes de l’Assemblée Nationale

Bien avant l’avènement de Faure Gnassingbé, il était l’un des piliers du régime, Secrétaire Général du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT). Avec le fils du père, il a été Président du Groupe Parlementaire RPT entre 2007 et 2013 avant d’être porté au perchoir à partir de 2013.

De son passage au perchoir, il se rapporte qu’il a pris de largesse dans la gestion des finances de sorte qu’à la fin de son mandat en 2013, les caisses seraient vidées, une première dans la vie de l’institution.

Pour parvenir à assouvir cette soif devenue congénitale au sein du pouvoir, il avait ses méthodes à lui.

En plus de cette gestion calamiteuse, selon ses détracteurs (sic), le refus de déblocage de fonds pour une mission du Groupe Parlementaire UNIR à Abuja sous prétexte qu’ils sont en fin de mandat et que toutes les missions à l’étranger sont suspendues, demeure le fait majeur qui a précipité son départ de l’Assemblée Nationale. De sources bien informées, la mission d’Abuja conduite par Christophe Tchao et Ibrahima Meimounatou a été finalement rendue possible par le Chef de l’Etat qui a affrété un avion spécial pour défendre le dossier de réformes.

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Dans le milieu du pouvoir, cet acte a été perçu comme une défiance vis-à-vis du Président du parti UNIR.

Naturellement, au cœur de ce régime, c’est la loi de l’omerta mais le sort du doyen Dramani (77ans) quant aux fonctions juteuses venait d’être scellé. Bien évidemment à son insu. Il ne le saura peut-être que le jour du dépôt des dossiers de candidatures pour les élections législatives du 20 décembre 2018.

Les délices d’être au perchoir sont intacts et Monsieur Dramani voulait rempiler. Mais la consigne est donnée:son dossier ne passe pas. S’il persiste, il ne sera qu’un simple député s’il est élu. Nuitamment, il a été remplacé malgré lui par Donko Kassignin.

Sur demande de la Rédaction, nous avons rencontré Dama Dramani pour en savoir davantage. Dans un flot attendu de plus d’une heure et demie, il s’est défendu à sa manière : « je n’ai emporté aucun centime de l’Assemblée Nationale. Vous pouvez vous adresser à la questure de l’Assemblée Nationale et au Ministère des Finances. Et si nécessaire, un audit des comptes peut situer la régularité de notre gestion » a-t-il indiqué tout en reconnaissant être l’ordonnateur des dépenses. A-t-il tout ordonné ?

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S’agissant de la mission d’Abuja, il a confié qu’il avait été décidé que les députés étant en fin de mandat, les missions à l’étranger sont suspendues. « Le lendemain, le Chef de l’Etat a mis les moyens à la disposition de la délégation pour se rendre à Abuja. Tout dépend de comment le sujet a été présenté au Chef de l’Etat. Je dis, je n’ai rien contre le Chef de l’Etat et lui aussi n’a rien contre moi. Il continue de me faire confiance ».

Cette bisbille explique-t-elle le mauvais score du candidat UNIR à Tchamba et plus particulièrement à Kaboli lors de la présidentielle du 22 février 2020?

Malgré sa discrétion donnant l’impression d’un homme qui n’a pas grand chose, sa fortune aurait servi à de grandes réalisations au Bénin. Ce qu’il ne reconnaît pas. Mais finalement, à qui appartiennent les Palaces de Cotonou, Parakou ou à l’entrée de Manigri dans la Commune de Bassila ?

Nous y reviendrons

Kokou Agbémébio

Source : Le Correcteur / lecorrecteur.info







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